. CONGREGATION BOUDDHISTE VAJRAYANA "KAGYU RINTCHEN TCHEU LING" > Kagyu Rintchen Tcheu Ling - Kagyu Yi-Ong Tcheu Ling

 

 

> Méditer... dans quel but ?
i i

"Si nous n'avons pas découvert la paix intérieure de la vérité ultime, les circonstances extérieures heureuses, parce que transitoires et changeantes, restent certainement insuffisantes pour nous procurer un bonheur authentique. Beaucoup d'occidentaux en prennent maintenant conscience et, désireux de découvrir la réalité intérieure, se tournent vers le dharma. La méditation est ce qui rend possible cette découverte. L'importance et la portée de la méditation, si nous en apprenons suffisamment l'art, se mesurent aux trois résultats suivants :

- par la méditation, toute souffrance peut être transformée en bonheur ;

- par la méditation, les émotions conflictuelles qui agitent notre esprit peuvent être transformées en connaissance primordiale, non-duelle ;

- par la méditation le samsara peut être transformé en nirvana, c'est-à-dire le monde ordinaire en réalité éveillée.

Toutefois, méditer implique que l'on connaisse la méthode qui permette de le faire correctement. Il ne suffit pas de se dire : "je vais méditer", et de rester dans une sorte d'état indéfini." Bokar Rimpotché [La méditation, conseils aux débutants, II, Claire Lumière, 1990].

Il est aussi important de pouvoir bénéficier de la transmission orale, des conseils et de l'enseignement d'un lama authentique pour pouvoir mettre en pratique les diverses techniques de méditation.

i i

> L' étude et la pratique du dharma


"La pratique juste du dharma peut être accomplie à chaque instant, dans n’importe quelle situation, que nous marchions, que nous mangions ou travaillons, quoi que nous fassions. Toutes les activités de la vie quotidienne sont des situations en lesquelles il est possible d’abandonner ce qui est négatif, de cultiver ce qui est positif, et de se consacrer ainsi au dharma. De plus, à chaque instant, nous pouvons utiliser notre corps, notre parole et notre esprit pour quelque chose de positif.

Ayant présents à l’esprit la précieuse existence humaine, l’impermanence, les défauts du samsara et la causalité du karma, nous pouvons nous simplifier la vie, renonçant à des activités extérieures pour nous consacrer profondément à la pratique. Il est même important, pour nous qui avons de multiples activités, qui allons et venons de par le monde, de pouvoir faire une pause, de nous accorder un moment de répit consacré à la pratique spirituelle.

Ceux qui résident dans un centre du dharma sont dans une situation privilégiée, particulièrement favorable, puisqu’ils sont à proximité du dharma et d’un lama dont ils peuvent recevoir régulièrement l’enseignement. La vie dans un centre du dharma est organisée de telle sorte que toutes les activités soient tournées vers la pratique. Dans cette situation, les agitations du monde et de la vie habituelle sont moindres ou inexistantes. C’est un environnement très favorable à l’étude et à la pratique du dharma.

Pour la plupart des gens il n’est pas possible de vivre dans un centre du dharma, mais vous avez tous des congés et, toutes les semaines, il y a un week-end. Si vous utilisez ces périodes de temps libre pour pratiquer plus intensément que vous ne le faites durant la semaine, ce sera excellent. Vous pouvez, à ces moments-là, aller écouter les enseignements dans un centre du dharma, y pratiquer la méditation, faire retraite, poser vos questions et dissiper vos doutes. C’est justement leur raison d’être.

Être en retraite, c’est pendant un certain temps—quelques jours de vacances par exemple, ou le laps de temps dont on dispose—se mettre à l’écart de toutes les formes de distractions et d’agitations extérieures. Dans cette situation de retrait, isolé des distractions, l’esprit peut se tourner entièrement vers la pratique et y consacrer toute son énergie, n’ayant plus d’autre activité.

D’une façon générale, être ainsi en retraite, dans l’isolement et le silence, offre les conditions les meilleures pour pratiquer la méditation, et c’est un cadre particulièrement utile à l’apprentissage de shamatha-vipashyana [shiné-laktong].

Une retraite a pour but de favoriser l’absence de distraction, mais pour la pratique, l’essentiel dépend encore de soi, de son attitude intérieure ; entrer en retraite sans une motivation juste empêche de profiter véritablement des bienfaits de cette situation. Dans la retraite elle-même, sans énergie ni discipline, rien n’est accompli, pas plus qu’à l’extérieur, d’ailleurs. Sans motivation juste ni énergie, quand bien même irions-nous dans l’endroit le plus isolé au sommet d’une montagne vivre comme un animal sauvage, cela ne développerait que notre orgueil.

Par contre, avec la motivation et la détermination justes, une retraite est la situation idéale pour pratiquer la méditation et progresser rapidement.» Kalou Rimpotché [La voie du Bouddha selon la tradition tibétaine, Seuil, Points sagesses, 1993]

 

 

 


 

> Transformer les émotions qui nous perturbent


"Nous qui n'avons pas atteint l'éveil éprouvons une quantité incroyable d'émotions perturbatrices. Les écritures traditionnelles parlent de quatre-vingt quatre mille enseignements donnés par le Bouddha, qui sont des remèdes à ces émotions.

Quand le Bouddha a commencé à enseigner, il a déclaré que les cycles des existences était un océan des souffrances ; il a continuellement parlé de la souffrance. Aujourd'hui en Occident, bien des gens s'interessent au Dharma mais ils n'aiment pas entendre parler de la souffrance.

C'est parce que les êtres souffrent mais ne font pas assez attention à cette souffrance. Si l'on ne prend pas conscience que le samsara est fondamentalement souffrance, on ne désire pas s'en libérer. C'est donc pour les pousser à sortir du samsara que le Bouddha a tant insisté sur la prédominance de la souffrance en celui-ci.

En soulignant la souffrance des six classes d'être, le Bouddha n'avait pas une vision pessimiste des choses et ne voulait pas nous dire "de toutes façons vous êtes condamnés à la souffrance" mais bien "si vous faites ce qu'il faut, vous pouvez très bien échapper à cette souffrance, soit temporairement, soit en renaissant dans les mondes supérieurs, des hommes ou des dieux, soit définitivement en atteignant les terres de bodhisattvas ou l'état de Bouddha.

D'où viennent les souffrances ? En réalité, elles viennent des dispositions négatives de notre esprit qui sont principalement le désir, l'aversion, l'opacité d'esprit, la jalousie, l'orgueil et la cupidité. Puisque toutes les souffrances ont des racines dans ces dispositions négatives de notre esprit, le Bouddha a donné des enseignements qui permettent ou bien de rejeter les dispositions négatives ou bien de les transformer ou encore de s'en libérer par une simple reconnaissance dès qu'elles apparaissent dans notre esprit. Telle est l'essence de ce qu'on appelle les quatre-vingt quatre mille enseignements du Bouddha.

Le rejet des émotions perturbatrices est principalement l'enseignement du hinayana. Leur transformation - faire de quelque choses de négatif quelque chose de positif - est principalement l'enseignement du grand véhicule, le mahayana. La possibilité de se libérer des émotions par une simple reconnaissance est principalement l'enseignement du vrajrayana.

Le Bouddha a enseigné les différentes techniques dans les trois véhicules, progressivement et en rapport avec les capacités des êtres. Le mieux est de pouvoir pratiquer conjointement ces trois véhicules." Kalou Rimpotché.